JEAN FERRAT
Les poètes (1971)




LOS POETAS
Letra: Louis Aragon - Música: Jean Ferrat

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

Celui qui chante se torture
Quels cris en moi quel animal
Je tue ou quelle créature
Au nom du bien au nom du mal
Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines
Au-dessus des toits des collines
Un plain-chant monte à gorge pleine
Est-ce vers l'étoile Hölderlin
Est-ce vers l'étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne
Non pour Faust mais pour y mourir
Entre les tueurs qui te cernent
De leurs poignards et de leurs rires
A la lueur d'une lanterne

Étoiles poussières de flammes
En août qui tombez sur le sol
Tout le ciel cette nuit proclame
L'hécatombe des rossignols
Mais que sait l'univers du drame

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L'homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède
Et me pousse à dire à voix haute
Ni pour la pitié ni pour l'aide
Ni comme on avouerait ses fautes
Ce qui m'habite et qui m'obsède

Yo no sé lo que me posee
y me empuja a decir en voz alta
no por piedad ni por ayuda
ni para confesar mis culpas
lo que me habita y me obsesiona

El que canta se tortura,
qué gritos en mí, qué animal
mato, o qué criatura,
en nombre del bien, en nombre del mal
sólo lo saben los que callaron

Machado duerme en Colliure
Tres pasos bastaron fuera de España
el cielo para él se hizo pesado
se sentó en este campo
y cerró los ojos para siempre

Sobre las aguas y las planicies
sobre los tejados y las colinas
un canto llano sube a voz en cuello
hacia la estrella Hölderlin
hacia la estrella Verlaine

Marlowe necesitas la taberna
no para Fausto sino para morir en ella
entre los asesinos que te rodean
con sus puñales y sus risas
a la luz de un farolillo

Estrellas, polvo de llamas
que en agosto caéis a tierra,
el cielo entero proclama esta noche
la hecatombe de los ruiseñores
pero, qué sabe el universo del drama

El sufrimiento da a luz a los sueños
como una colmena sus abejas
el hombre grita donde el hierro le roe
y su herida engendra un sol
más hermoso que las antiguas mentiras

No sé lo que me posee
y me empuja a decir en voz alta
ni por piedad ni por ayuda
ni como se confiesan las faltas
lo que me habita y me obsesiona

2 comentarios:

  1. La poesía no tiene idioma, ni Patria, ni tiempo...

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  2. La poesía no tiene idioma, ni Patria, ni tiempo...

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