LÉO FERRÉ
La Marsellaise (1967)

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EN FRANCÉS
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LA MARSELLESA
Letra y música: Léo Ferré

Je connais une grue sur le Vieux Port
Avec des dents longues comme la faim
Et qui dégrafe tous les marins
Qu'ont l'âme chagrine et le coeur d'or
C'est à Marseille que je vais la voir
Quand le soleil se fout en tweed
Et que le mistral joue les caïds
C'est à Marseille qu'elle traîne le soir
Elle a des jupes à embarquer
Tous les chalands qui traînent la nuit
Et des froufrous qui font tant de bruit
Qu'on les entend au bout du quai
Il suffit d'y mettre un peu de soi
C'est une putain qu'aime que la braise
Et moi je l'appelle la Marseillaise
C'est bien le moins que je lui dois

Arrête un peu que je vois
Su tu fais le poids
Et si j'en aurai pour mon fric
Arrête un peu que je vois
Si les étoiles couchent avec toi
Et tu me diras
Combien je te dois

Je connais une grue dans mon pays
Avec les dents longues comme le bras
Et qui se tapait tous les soldats
Qu'avaient la mort dans leur fusil
C'est à Verdun qu'on peut la voir
Quand les souvenirs se foutent en prise
Et que le vent d'est pose sa valise
Et que les médailles font le trottoir
Elle a une voix à embarquer
Tous les traîne-tapins qu'elle rencontre
Et il paraît qu'au bout du compte
Ça en fait un drôle de paquet
Il suffit d'y mettre un peu de soi
Au fond c'est qu'une chanson française
Mais qu'on l'appelle la Marseillaise
Ça fait bizarre dans ces coins-là

Arrête un peu que je vois
Si t'as de la voix
Si j'en aurais pour mes galons
Arrête un peu que je vois
Et puis que j'abreuve tous vos sillons
Et je vous dirai
Combien ça fait

Je connais une grue qu'a pas de principes
Les dents longues comme un jour sans pain
Qui dégrafait tous les gamins
Fumant leur vie dans leur casse-pipe
C'est dans les champs qu'elle traîne son cul
Où y'a des croix comme des oiseaux
Des croix blanches plantées pour la peau
La peau des autres bien entendu
Celle-là on peut jamais la voir
A moins d'y voir les yeux fermés
Et le périscope dans les trous de nez
Bien allongé sous le boulevard
Suffit de leur filer quatre bouts de bois
Et de faire leur lit dans un peu de glaise
Et de leur chanter la Marseillaise
Et de leur faire une belle jambe de bois

Arrête un peu tes cuivres
Et tes tambours
Et ramène moi l'accordéon
Arrête un peu tes cuivres
Que je puisse finir ma chanson
Le temps que je baise
Ma Marseillaise

Conozco una ramera en el viejo puerto
con dientes largos como el hambre
que desabotona a todos los marineros
de alma en pena y corazón de oro.
Es a Marsella donde voy a verla
cuando el sol se viste de tweet(1)
y el mistral juega a los caíds.(2)
Es en Marsella donde deambula por la tarde
lleva unas faldas que engatusan
a todos los chalanes que deambulan de noche
y frufrús que hacen tanto ruido
que se les oye desde el extremo del muelle.
Basta con poner un poco de sí
es una puta que solo ama la brasa
y yo la llamo la Marsellesa
eso es lo mínimo que le debo.

Para un poco, que vea
si das la talla
y si vales lo que pagaré.
Para un poco, que vea
si las estrellas se acuestan contigo
y me dirás
cuánto te debo.

Conozco una ramera en mi país
con dientes largos como los brazos
y que se tiraba a todos los soldados
que llevaban la muerte en su fusil.
Puedes verla en Verdún(3)
donde los recuerdos se meten en jaque
y donde el viento del Este deja su maleta
y donde las medallas hacen la acera.
Tiene una voz como para engatusar
a todos los caza-rameras que encuentra
y parece ser que al fin de cuentas
son un buen puñado.
Basta con poner un poco de sí
en el fondo no es más que una canción francesa
pero que la llamen la Marsellesa
resulta extraño en aquellos rincones.

Para un poco, que vea
si tienes voz
si valdrás mis galones
Para un poco, que vea
y luego que abreve todos tus surcos
y te diré
cuánto es.

Conozco una ramera que no tiene principios
con dientes largos como un día sin pan
que desabotonaba a todos los críos
que se fumaban la vida en su pipa de guerra(4)
Arrastra el culo por los campos
donde hay cruces como pájaros
cruces blancas plantadas por la piel
la piel de los otros, por supuesto.
A esa nunca se la puede ver
a menos que veas con los ojos cerrados
y con el periscopio en las fosas nasales.
Bien recostado bajo el bulevar
basta con pasarles cuatro pedazos de madera
y hacerles la cama en un poco de arcilla
y cantarles la Marsellesa
y hacerles una bonita pierna de madera.

Para un poco tus cobres
y tus tambores
y devuélveme el acordeón.
Para un poco tus cobres
que pueda terminar mi canción
el tiempo que me folle
a mi Marsellesa.

(1) Tejido de paño escocés, cálido, fuerte y resistente, que rechaza el agua.
(2) En el antiguo reino de Argel y otros países musulmanes, especie de juez o gobernador.
(3) La de Verdún fue la batalla más larga y una de las más cruentas de la Primera Guerra Mundial.
(4) «Aller au casse-pipe» significa «ir la la guerra»; «casser sa pipe » significa «ir a morir».

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