LÉO FERRÉ
Les anarchistes (1967)


LOS ANARQUISTAS
Letra y música: Léo Ferré

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes

Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuv'nt gueuler encor
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes

Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuv'nt frapper encor

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups d' pied au cul
Faudrait pas oublier qu' ça descend dans la rue
Les anarchistes

Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier

Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils
existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout
Les anarchistes

No hay ni uno entre cien y sin embargo existen
La mayoría españoles, vete a saber por qué
Parece ser que en España no son comprendidos
Los anarquistas

Han recibido de todo
Sopapos y adoquines
Han gritado tan fuerte
Que pueden gritar aún
Tienen el corazón delante
Y los sueños en medio
Y el alma roída
Por jodidas ideas

No hay ni uno entre cien y sin embargo existen
La mayoría hijos de nada o hijos de tan poco
Que tan sólo se les ve cuando se les teme
Los anarquistas

Han muerto cientos de veces
Para nada y ¿por qué?
Con el amor en el puño
Sobre la mesa o sobre nada
Con el aire terco
Que da la sangre derramada
Han golpeado tan fuerte
Que pueden golpear aún

No hay ni uno entre cien y sin embargo existen
Y si hay que empezar dando patadas en el culo
No hay que olvidar que ellos salen a la calle
Los anarquistas

Llevan una bandera negra
A media asta en la esperanza
Y la melancolía
Para arrastrar por la vida
Cuchillos para cortar
El pan de la amistad
Y armas oxidadas
Para no olvidar

Que no hay ni uno entre cien y que sin embargo existen
Y que aguantan bien, cogidos del brazo
Felices, y es por eso que están siempre en pie
Los anarquistas

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