LÉO FERRÉ
L’espoir (1974)


LA ESPERANZA
Letra y música: Léo Ferré

Dans le ventre des Espagnoles
Il y a des armes toutes prêtes toutes prêtes
Et qui attendent

Des oiseaux finlandais vêtus de habanera
Des Vikings aux couteaux tranchant la manzanilla
Des flamenches de Suède brunes comme la cendre
Des guitares désencordées et qui se pendent
Des amants exilés dans les cloches qui sonnent
La Mort qui se promène au bras de Barcelone
Des taureaux traversés qui traversent l'Histoire
Des soleils fatigués qui les regardent boire
Un Orient de misère à la jota engloutie
Les parfums de l'Islam crevant d'Andalousie
Des pavés de flamenco aux gestes anarchiques
Les rythmes du jazz-band pour les paralytiques
Les tam-tams de l'Afrique à portée de guitare
De l'eau fraîche et de l'ombre à jurer pour y croire
Une rue de Madrid avec des fleurs fanées
Un fusil de trente-six qui revient s'y mêler

Dans le ventre des Espagnoles
Il y a des armes toutes prêtes toutes prêtes
Et qui attendent

Un accord de guitare au moment où l'on passe
Un passeur langoureux avant le coup de grâce
La bouteille à la mer dans un drugstore indien
Un habit de lumière dans l'ombre du chagrin
La fureur pensionnée qui se croit dans la rue
Des chansons caraïbes qu'on a perdues de vue
Des cigales fuyant le bruit des castagnettes
Toutes les Amériques au fond d'une cassette
Exécutées à l'aube avec la stéréo

Le silence permis au-delà de Franco
Des ailes de moulin plantées sur les maisons
Don Quichotte qui passe à la télévision
Une chaîne en couleur pour avaler tout ça
Le sang avec la veine d'avoir la corrida
Et cent mille danseurs sur la place publique
Pour que Christophe Colomb découvre la Musique

Dans le ventre d'une Espagnole
Il y a l'Espoir qui se gonfle et qui gonfle
Et qui attend... Et qui attend...

MANUEL DE FALLA

En el vientre de las españolas
Hay armas preparadas, preparadas
Y que esperan

Pájaros finlandeses vestidos de habanera
Vikingos con cuchillos cortando la manzanilla
Flamencas de Suecia negras como la ceniza
Guitarras desafinadas que se cuelgan
Amantes exiliados en las campanas que suenan
La muerte que se pasea del brazo de Barcelona
Toros atravesados que atraviesan la Historia
Soles cansados que los miran beber
Un Oriente de miseria con la jota engullida
Los perfumes del Islam reventando de Andalucía
Tablaos flamencos con gestos anárquicos
Ritmos de jazz-band para los paralíticos
Los tam-tam de África al alcance de guitarra
Agua fresca y sombra, a jurar para creer
Una calle de Madrid con flores marchitas
Un fusil del treinta y seis que regresa a mezclarse

En el vientre de las españolas
Hay armas preparadas, preparadas
Y que esperan

Un acorde de guitarra en el momento de pasar
Un batelero lánguido antes del golpe de gracia
La botella en el mar en un drugstore indio
Un traje de luz en la sombra de la pena
El furor pensionado que se cree en la calle
Canciones caribes que se han perdido de vista
Cigarras huyendo del ruido de las castañuelas
Todas las Américas en el fondo de un casete
Ejecutadas al alba con el estéreo

El silencio permitido más allá de Franco
Aspas de molino plantadas en las casas
Don Quijote que sale en la televisión
Una cadena en color para tragárselo todo
La sangre con la potra de ver la corrida
Y cien mil bailarines en la plaza pública
Para que Cristóbal Colón descubra la música

En el vientre de una española
Está la Esperanza que se hincha, que se hincha
Y que espera… Y que espera…

MANUEL DE FALLA

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