BARBARA
Hop-là (1970)

TOMA YA
Letra: Barbara - Música: J. Debout / R. Romanelli

Je vins au monde, je n'avais rien dans la tête,
C'est drôle, j'avais tout, tout, tout dans les gambettes,
Rue de Bagnolet, près de la rue des Pyrénées,
Quand je suis née, hop-là.

Sur un long corps, une curieuse petite tête,
Une longue tige, une vraie fleur de pâquerette,
Le pied cambré, pas besoin d'être prophète,
Pour deviner, hop-là.

Qu'à l'âge où l'on joue encore à chat perché,
Sur les tabourets, au bar du Chat qui Pêche,
Les gambettes gainées de soie noire,
Déjà, je me perchais, hop-là.

Je n'ai pas dansé les rondes enfantines,
Au bois joli, sonnaient, sonnaient les mâtines,
A pas de loup, et déjà sans peur du loup,
A quinze ans, je trottinais.

J'ai pas de tête, mais j'ai des jambes,
Qui me portent, me rapportent,
Je déambule, point virgule,
Je dégaine ma dégaine.

Enfant, j'avais l'âme pieuse,
Et je rêvais d'être un jour,
Une petite soeur du Bon Dieu,
Ben, je suis petite soeur d'amour.

Venez à moi, venez donc, mes frères,
Pourvu qu'on y croit, à chacun sa prière,
Dieu m'a donné la foi et le savoir-faire,
Qu'il soit loué, hop-là.

Venez à moi, venez, Dieu vous le pardonne,
Ce soir, c'est Noël dans le coeur des hommes,
Qu'elle est jolie, la messe qu'on danse à minuit,
Au creux de son lit, hop-là.

Si vous êtes musicien, je sais la messe en Ré,
Si vous êtes général, je vous ferais le défilé,
Si vous êtes poète, je vous réciterais,
La petite chanson, de Verlaine.

Si vous aimez les marines, je serais mousse,
Comme dit la chanson, je vous ferais ça en douce,
Venez mes frères, je ne suis pas cultivée,
Mais j'ai des connaissances.

Rien dans la tête, toute en jambes,
Je trottine, et mutine,
Douce, douce, pas farouche,
Je dégaine ma dégaine.

Quel beau métier, je suis petite soeur d'amour,
Infatigable, je vais de nuit et de jour,
Quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes,
C'est bien connu, hop-là.

Et que m'importe, que ce soit le pauvre ou le riche,
Pour moi, les hommes sont égaux, je m'en fiche,
Comme c'est écrit, il faut aimer son prochain,
J'aime le mien, hop-là.

De mon enfance, j'ai gardé l'âme pieuse,
Bien sûr, je ne suis pas vraiment religieuse,
Mais chaque jour, auprès de vous, mes chers frères,
J'égrène mon rosaire.

Entrez mes frères, entrez, c'est l'heure où l'on prie,
Ensemble, nous aurons d'autres paradis,
Ensemble, nous monterons au septième ciel,
Hop-là, hop-là, hop-là.

Vine al mundo sin nada en la cabeza,
tiene gracia, lo tenía todo, todo, todo en las piernas,
en la calle Bagnolet, cerca de la calle Pyrenées
cuando nací, toma ya.

Sobre un largo cuerpo, una curiosa cabecita,
un largo tallo, una auténtica margarita,
el pie con mucho puente, no hay que ser profeta
para adivinar, toma ya,

que a la edad en que aún se juega a tocar y parar,
en los taburetes del bar del “Gato pescador”,
con las piernas enfundadas en seda negra
yo ya me posaba, toma ya.

Yo no bailé los corros infantiles
el lindo bosque, sonaban, sonaban los maitines
de puntillas, y sin temer ya al lobo,
a los quince años yo trotaba, toma ya.

No tengo cabeza pero tengo piernas
que me llevan y me traen.
Deambulo, punto y coma,
muestro mi verdadero rostro.

De niña, tenía el alma piadosa
y soñaba con ser un día
una hermanita del buen Dios.
Y bien, soy una hermanita del amor.

Venid a mí, venid pues, hermanos,
con tal de que se la crea, cada cual su plegaria,
Dios me ha dado la fe y el saber hacer,
alabado sea, toma ya.

Venid a mí, venid, Dios os lo perdone,
esta noche es Navidad en el corazón de los hombres.
Qué bonita es la misa que baila a medianoche
uno en su cama, toma ya.

Si eres músico, me sé la misa en Re
si eres general te haré un desfile
si eres poeta te recitaré
la pequeña canción, de Verlaine.(1)

Si te gustan las marinas seré espuma,
como dice la canción, te lo haré dulcemente.
Venid hermanos, no soy cultivada
pero tengo conocimientos.

Nada en la cabeza, todo piernas,
voy al trote y soy traviesa,
dulce, dulce, nada arisca,
muestro mi verdadero rostro.

Qué hermoso oficio, soy hermanita del amor.
Infatigable, ando noche y día,
cuando no se tiene cabeza hay que tener piernas,
es bien sabido, toma ya.

Y qué me importa que sea el pobre o el rico,
para mí los hombres son iguales, me resbala,
escrito está que hay que amar al prójimo
y yo amo al mío, toma ya.

De mi infancia, conservé el alma piadosa.
Por supuesto, no soy realmente religiosa
pero cada día, con vosotros, queridos hermanos,
desgrano mi rosario.

Entrad, hermanos, entrad, es la hora del rezo,
juntos alcanzaremos otros paraísos,
juntos subiremos al séptimo cielo,
Toma ya, toma ya, toma ya.

(1) Paul Verlaine (1844-1896), poeta francés encuadrado en la corriente del simbolismo.

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